Le rôle historique des interconnexions est d'assurer la sécurité du réseau en mutualisant les capacités à plus grande échelle. A présent, les interconnexions participent aussi à l'ouverture du marché en facilitant les flux entre réseaux connectés. La 2ème directive européenne sur l'énergie fixe d'ailleurs l'objectif, d'ici fin 2005, d'atteindre un ratio de 10% entre capacité d'interconnexion et capacité de production installée.
Pourtant, l'augmentation des capacités n'équivaut pas à une totale liberté d'import-export. Plusieurs raisons s'y opposent : les Gestionnaires de Réseau de Transport prennent des marges sur la valeur nominale des capacités aux interconnexions, le fonctionnement du mécanisme d'allocation ne permet pas une concordance entre capacités de transport proposées et flux physiques, les tensions offre - demande nécessitent parfois des flux dont le volume dépasse largement les capacités de transport actuelles et, les échéances des contrats de fourniture s'échelonnent sur de longues périodes, alors que les tensions offre - demande proviennent généralement de défaillances ponctuelles.
En l'absence de contraintes, on pourrait imaginer un marché européen homogène. Les arbitrages entre zones de prix seraient possibles, et les bourses battraient à l'unisson. Au lieu de quoi, les arbitrages sont difficiles à mettre en oeuvre, génèrent des pics de prix, et plusieurs zones de prix coexistent.
Cette situation évolue. De nouveaux mécanismes d'allocation voient le jour, et l'accent est mis sur l'anticipation des données de production. Mais l'organisation de ces structures est complexe, et peine à se généraliser. La coexistence de défis structurels (liquidité des bourses, durée de vie des contrats...) et techniques (premiers mécanismes d'enchères, robustesse...) constitue un frein réel en l'attente de développements ultérieurs...